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Le champ du village

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À travers le monde de la magie enfantine

Le reflet du champ féerique hante ma mémoire croulante

C'était l'immensité verdoyante du silence

Que seuls violaient les tisserins gazouilleurs

Ce champ me plaisait

Il me charmait par son aspect d'asymétrie villageoise

Le blanc immaculé des touffes cotonneuses

Donnait du relief au vet foncé du prince "ngunza¹"

Les feuilles grimpantes d'ignames terriennes

Enlançaient les virils mais qu'elles n'étouffaient jamais

Les bananiers déployaient leurs amples "parasolpluies"

Pour la protection des plantes naines

Ce champ me plaisait

Par ses troncs énormes victimes du défrichement

Qui me servaient de chaires det de chevaux

Ces troncs me connurent jockey à califourchon

Et rustique babillard espiègle

Ce champ me plaisait

Par la présence de mes parents tout-puissants

Qu'il tenait cois et dissimulés

Je les savais pourtant vigilants

Ce champ me plaisait

Il me rendait souverain et libre

En occupant mes chers parents

Qui ne se souciaient de mes caprices

Ce champ me plaisait encore

Par ses collines coiffées

Hérissées de cannes à sucre hautaines

Qui par-dessus les épaules

Toisaient le peuple herbacé du vallon

Ce champ me plaisait

Il me plait encore en vision

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¹ngunza: feuilles de manioc

Fabien Naté Ngu-Mongala Vurutoro-te-Nzapa
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Du recueilSentier et Chemin