Lorsque Dieu inonda la terre
Par son déluge préhistorique
Je voltigeais encore dans le cosmos
J'aurais voulu y verser mon seau d'eau
Pour noyer davantage la planète-rebelle
C'est ma faute d'avoir papillonné en cosmos
Lorsqu'Adam mangea sa funeste pomme
Je plantais du palmier au jardin tropical
J'aurais voulu piller entièrement ce pommier
Pour dévaster définitivement le jardin édénique
C'est ma faute de m'être attardé au jardin du Tropique
Lorsque Caïn assomma son frère Abel
D'un coup de gourdin criminel
Je chassais encore en Mésopotamie
J'aurais voulu l'assener d'un second coup
Pour qu'il crève éternellement
C'est ma faute de n'avoir pas été présent au lieu d'action
Lorsqu'un séisme ravagea l'Asie
Je m'entrainais à la rhétorique d'Aristote
J'aurais voulu secouer très fort la terre
Pour effondrer les gratte-ciels new-yorkais
C'est ma faute d'avoir folâtré avec le Grec
Lorsqu'ils ont crucifié leur Jésus de Nazareth
Je cueillais des champignons en forêts vierges
J'aurais voulu lui enfoncer un cinquième clou
Pour qu'il meure deux fois
C'est ma faute d'avoir habité si loin de Golgotha
Lorsque Führer distribua des coups aux Jacobites
Je silonnais les déserts sahariens
J'aurais voulu l'encourager par mes cris de guerre
Pour qu'il les corrige sévérement
C'est ma faute d'avoir vadrouillé en Afrique
Lorsque dipanda sonna opulence
Je faisais le petit saint
J'aurais voulu amasser avec eux
Pour avoir uen place au soleil
C'est ma faute d'avoir croisé les bras
Lorsqu'ils pillaient les écorces du quinquina
Je faisais le Don Quichotte
Ce petit général à cheval esseulé
Qui se faisait imbécilement d'illusion
C'est ma très grande faute
D'avoir lutté contre les moulins à vent