Ma plume



O! ma plume bien aimée!
Ils te croyaient assez muselée
Ton silence stagiaire faisait penser
Que plus jamais tu n'écrirais

O! ma plume adorée!
Garde encore ta bleue couleur
Signe d'espoir et de verdeur
À la longue seras plus rodée

O! ma plume chérie!
Ils te rêvaient prisonnière
Tu n'es qu'une simple cavalière
Bien trop jeune pour périr

O! jeune plume esseulée!
Souveraine indifférence
Ton vol solitaire et plané
Provoque mépris et médisance

O! silencieuse plume!
Sédentaire et tetue comme l'enclume
Exaspérante car tu ne bronches
Quand tu es martelée comme muette roche

O! ma plume naturelle!
Tu cesserais d'être personnelle
Si tu n'étais cet odieux être
Qu'on te reproche vainement d'être

Plume verte plume bleue!
Plume sage plume assoiffée
De connaissances parbleu!
Possible que tu deviennes dorée!



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