Le soleil las de rengaine radiophonique
Se glisse au-delà du massif Kahuzi-Biega
Ses rayons mordorés s'irradient généreusement
Sa chaleur suave chatouille les membres croulants de mon corps
Les eucalyptus tels les saules pleureurs aux feuilles lancéolées
Au bord du lac bruissent avec tendresse mélancolique
Religieusement les cyprès de mon jardin s'immobilisent
Et transmettent leurs confidentiels messages au soleil tombant
La basse brise vespérale balafre la face endolorie du lac sournois
Les mamelons du Kahuzi-Biega barrent au loin
L'horizon voilé d'immenses pagnes au ton laiteux
Voici que la nuit tire son voile fuligineux
Et les étoiles font leur apparition clignotante
C'est l'heure tardive du retour des militants courroucés
Ils rentraient d'une marche mémorable
Marche de protestation et de soutien
Authentique marche de soutien celle-là
C'était le soir de la stupeur profonde
Stupeur diffusée par le grand-tam-tam