À travers le monde de la magie enfantine
Le reflet du champ féerique hante ma mémoire croulante
C'était l'immensité verdoyante du silence
Que seuls violaient les tisserins gazouilleurs
Ce champ me plaisait
Il me charmait par son aspect d'asymétrie villageoise
Le blanc immaculé des touffes cotonneuses
Donnait du relief au vet foncé du prince "ngunza"
Les feuilles grimpantes d'ignames terriennes
Enlançaient les virils mais qu'elles n'étouffaient jamais
Les bananiers déployaient leurs amples "parasolpluies"
Pour la protection des plantes naines
Ce champ me plaisait
Par ses troncs énormes victimes du défrichement
Qui me servaient de chaires det de chevaux
Ces troncs me connurent jockey à califourchon
Et rustique babillard espiègle
Ce champ me plaisait
Par la présence de mes parents tout-puissants
Qu'il tenait cois et dissimulés
Je les savais pourtant vigilants
Ce champ me plaisait
Il me rendait souverain et libre
En occupant mes chers parents
Qui ne se souciaient de mes caprices
Ce champ me plaisait encore
Par ses collines coiffées
Hérissées de cannes à sucre hautaines
Qui par-dessus les épaules
Toisaient le peuple herbacé du vallon
Ce champ me plaisait
Il me plait encore en vision