Nous n'avons pas lu comme dans un miroir ce recueil de poèmes à la fois ouvert et fermé dans lequel Naté Ngu-Mongala nous envoie vivre "sa dernière" (?) oeuvre littéraire au Kivu. La raison pour cela est bien simple: Naté est poète. Il écrit, comme nous le fait comprendre Kanika Mwana-Ngombo dans une critique ouverte à l'occassion de la célébration, en février 1978, du mois de l'histoire afro-américaine, pour les seuls esprits alertes et dotés d'un sens très élevé d'imagination.
Nous sommes en fait au sommet d'une pyramide dont la hauteur indique le long chemin parcouru par un homme dont le génie créateur n'est plus à démontrer. Comme l'avait souligné un jour le Professeur V.Y Mudimbe dans une correspondance addressée à l'auteur, "Naté est ivre des mots qui lui pendent aux lèvres et à l'esprit exprimant haut ce que d'autres disent bas". Et c'est justement cette ivresse qu'il désire partager avec ceux qui veulent se laisser entraîner par le courant vivifiant de sa pensée.
Que dire enfin du style employé dans "Dernières Oeillades" en dehors de ce dont sont convaincus Jacques Howlet de Présence Africaine qui affirme que les poèmes et les textes en prose de Naté témoignent d'une sensibilité originale et de réelles qualités d'écritures; Mutombo Bombo de la Revue TOPAFRICA qui leur trouve une certaine recherche et une impénétrabilité quelque peu désarçonnante; Luzayamo Manteke du Journal Elima qui trouve que Naté écrit plus avec son coeur qu'avec sa plume?
Rien, en effet, car tout a été dit.
De par leur présente édition et leurs nombreuses réeditions que nous souhaitons voir ses réaliser dans un avenir rapproché, "Dernières Oeillades"s'immortalise désormais. Cette oeuvre d'une haute valeur intellectuelle sera toujours considérée par des milliers de critiques littéraires et par les admirateurs proches et lointains de Naté comme une précieuse source d'inspiration, comme une rélique, et enfin comme la voix d'un ami sincère qui continue à les interpeller.
Bamporiki Chamira
Rédacteur en Chef du Journal JUA